Faire d’un colloque sur le tourisme durable, un événement... durable

Tourisme, Vie étudiante, Professions de l'industrie · · Commenter

6ièmes Journées Scientifiques du Tourisme DurableDu 10 au 12 juin dernier se sont déroulées, à Québec, les 6ièmes Journées Scientifiques du Tourisme Durable. Réunir 60 participants venant de 5 continents pour discuter des applications du tourisme durable représentait déjà un défi; le faire en respectant les valeurs du tourisme durable le fut d’autant plus. Mais comment rester cohérents autrement qu’en appliquant nous même, jusque dans les moindres détails logistiques de l’événement, les principes environnementaux, sociaux et économiques du tourisme dont il allait être question pendant ces trois journées d’échange ? Voici donc, du point de vue d’une étudiante à la maîtrise en géographie qui travaille sur le tourisme de congrès, les grandes lignes de cette réelle aventure de tourisme durable. 

PAS ASSEZ DE RESSOURCES ET D’EXEMPLES

Dès les premières étapes de l’organisation du colloque, en septembre dernier, la question du positionnement durable de l’événement s’est posée parmi les organisateurs. Comment passer des grandes théories issues de la littérature sur le tourisme durable aux aléas bien réels de la planification d’un événement? Le manque de ressources et d’exemples compliquant l’exercice, l’équipe s’est retrouvée devant une situation où l’imagination et l’adaptation allaient être de mise. Car aussi riches puissent être les quelques documents publiés à ce sujet, il n’existe pas de critères ou de marche à suivre universels qui pourraient guider pas à pas l’organisateur de congrès qui désire rendre son événement écoresponsable. 

Bouteille réutilisable au logo du congrèsDU «DURABLE» DANS LES MOINDRES DÉTAILS

Il est facile de faire ressortir le caractère durable d’un colloque lorsqu’on incite les participants à utiliser le transport en commun ou qu’on installe des bacs de recyclage sur les lieux ; cela va de soi. C’est dans les détails que ça devient plus ardu. Il faut penser durable dans le choix de la salle, le fait qu’elle soit climatisée ou non, la manière de servir de l’eau aux participants, la gestion des résidus alimentaires, le choix des partenaires et fournisseurs, l’élaboration des menus, le mode de publication des documents officiels et j’en passe. Bref, une fois le projet lancé, il faut s’arrêter à chaque étape et se demander quelle option serait la plus responsable.

QUESTION DE PRIORITÉ

Devant cet éventail de choix, l’important est de prioriser. Après le colloque, plusieurs participants nous ont rapporté qu’ils étaient ravis d’avoir participé à un événement durable sans pour autant compromettre leur confort, ce qui fait écho aux statistiques obtenues par Egencia qui révèlent que seulement 4% des touristes d’affaires placent les préoccupations environnementales en tête de liste de leurs critères de décisions quand vient le temps de choisir de participer ou non à un congrès. Autrement dit, les congressistes ont des attentes, notamment par rapport au prix, à ce que peut leur offrir la destination et à la qualité des infrastructures d’accueil qu’il importe de considérer. Il faut donc jongler pour concilier bien-être, budget, besoins spécifiques des participants et valeurs du tourisme durable.

RETOUR SUR L’ÉVÉNEMENT

C’est en nous asseyant ensemble après ces trois journées intenses d’échanges et de débats sur le tourisme durable que nous avons pu faire le point, étape cruciale de l’organisation d’un tel rassemblement. Évidemment, le colloque n’aura pas eu que des répercussions positives pour l’environnement, dans lequel auront été émises quelques tonnes supplémentaires de CO2 et une quantité faible, mais tout de même notable de déchets. Il n’aura pas eu que des répercussions positives non plus sur la communauté d’accueil avec qui les participants n’ont pas vraiment eu le temps d’échanger à cause d’un horaire trop chargé. Mais c’est malgré tout un bilan positif qui clôture les 6ièmes Journées Scientifiques du Tourisme Durable car, en plus de toutes les économies d’énergie, de nourriture, de papier et d’eau, l’intégration de produits biologiques et du terroir dans les menus, les partenariats créés avec de petites entreprises locales et l’intégration du patrimoine naturel et culturel de la région dans les activités, nous avons appris. Et c’est là le plus important, car les points forts comme les points faibles de cette expérience nous serviront à améliorer l’application des principes du tourisme durable un peu plus à chaque événement. Enfin, sur une note plus personnelle, l’organisation de ce colloque en tant qu’étudiante en tourisme, m’a permis de comprendre la réalité terrain de ce que j’étudie sur papier, un apprentissage riche qui me servira sans doute tout au long de mon parcours.

Visite à la Forêt Montmorency


Par Marie-Pierre Guy-Dorion
Étudiante à la maîtrise en sciences géographiques à l'Université Laval
 

Source:
EGENCIA, U.S. Buisness Travellers are « Hyper-Connected » While French are most « Experience-Hungry » and Brits Watch their Company’s Bottom-line, 16 septembre 2008.

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